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ITW de Thomas VDB pour "Rock'n'drole"

Par Tida :: mardi 20 novembre 2007 à 15:01 :: Infos et critques cafe-theatre

 

Voici une ITW diffusée sur l'excellent site Evene (donc pas de moi, une fois n'est pas coutume) à propos du spectacle de Thomas VDB.

 

Je ne l'ai pas vu (sinon je l'aurais fait cette critique ne me jettez pas la pierre lol) mais je trouve l'univers super intéressant : faire un spectacle d'humour sur l'univers et les coulisses du rock je trouve ça original et donc ça m'intrique... l'ITW repond à quelques questions mais le mieux sera de filer rapidement le voir :-)

 

Rock’n’drôle

INTERVIEW DE THOMAS VDB


Ancien journaliste et critique rock dans la presse, Thomas Vandenberghe (VDB pour les intimes) a un jour décidé de se lancer sur scène, pour ‘En Rock & en Roll’, un one-man show à propos de son ancien métier. Histoires détonantes, anecdotes croustillantes, ce spectacle sur la “Musique du Diable” est actuellement à découvrir dans toute la France.

 

C’est dans sa loge, quelques minutes avant le début de son spectacle, que Thomas VDB nous accueille pour cet entretien. Autour d’un verre, détendu et blagueur, l’humoriste joue “l’intervieweur interviewé”, et nous livre ses impressions de scène, les secrets de fabrication de son spectacle, ses projets...

'En Rock & en Roll' n'est pas votre première expérience théâtrale. Il y avait eu auparavant 'Freddy Coudboul' et 'Boutros le mage'. Pouvez-vous nous en parler ?

Les deux sont des spectacles de rue. 'Freddy Coudboul' est le premier. Je l'ai commencé en 2000 avec un ami. On l'a joué, on continue de le jouer essentiellement sur des festivals de théâtre de rue. On l'a joué à peu près 400 fois en 7 ans. Toutes ces années-là, j'étais journaliste. Je faisais ça en parallèle. C'était vraiment un rythme assez soutenu. Quand j'ai arrêté mon travail journalistique pour Rocksound en 2005, je savais que je voulais continuer dans le théâtre de rue, dans un spectacle plus personnel. J'ai donc créé ce solo de rue, qui a moins marché. C'était un peu bancal, l'histoire d'un hypnotiseur qui perdait ses pouvoirs en public… Je le rejoue parfois de façon très sporadique.
'En Rock & en Roll' est parti de la volonté de raconter des trucs à moi. J'ai donc choisi de ne pas créer de personnage pour ce dernier.


Au départ, votre envie de théâtre vient de la rencontre avec votre partenaire de Freddy Coudboul ?

Mon partenaire, Rodolphe Couthouis, est un comédien tourangeau. On faisait déjà de l'improvisation avant ce spectacle-là, du café-théâtre… L'envie a toujours été là. Depuis tout gosse. Comme la musique, au travers de mes activités de journaliste. Le genre de chose qui peut satisfaire un fan de musique non musicien. Ecouter des disques, lire des journaux, collectionner des objets… Mais pour le théâtre, je suis plus un "faiseur", sans en être passionné. C'est là depuis longtemps. Et c'est devenu plus précis avec 'En Rock & en Roll'. Je me suis rendu compte que je m'amusais beaucoup à parler de moi. A raconter des trucs que j'ai vraiment vécus, qui m'ont vraiment fait rire, comme des anecdotes d'interviews…


Revenons sur l'époque où vous étiez journaliste. Vous écriviez beaucoup de papiers, de chroniques… Etiez-vous déjà drôle ?

(Rires) Oui, enfin sans le faire exprès ! Non, sérieusement, je me mettais beaucoup moins la pression pour faire rire. Mais j'avais souvent un ton un peu décalé. Puis, au bureau, j'étais souvent un joyeux luron. Le mec qui fait rire les autres, qui dit des conneries… Après, quand j'ai évolué dans la rédaction, j'ai eu plus de responsabilités. C'est ça qui m'a fait fuir.


Par rapport à 'En Rock & en Roll’, est-ce le thème qui vous a amené à monter un spectacle ? Ou l’envie de départ est-elle de faire de la scène ?

En fait, je savais juste que je voulais faire un spectacle. Le thème est venu après. Il y a une mode du "stand up", en France depuis 3-4 ans. Mais honnêtement, je m'y suis intéressé car j'ai toujours aimé les comiques, pas à cause de la mode. J'ai découvert beaucoup d'humoristes américains et anglais très forts. Même en additionnant tous les français, ils n'arrivent pas à la cheville de certains aux Etats-Unis, par exemple… En les voyant, je me suis dit que c'était ça que j'avais envie de faire. J'avais envie de monter sur scène et de raconter mes conneries. Ca avait l'air tellement fluide et simple pour eux. J'avais l'impression que c'était vraiment à ma portée. Il a fallu un peu de temps pour trouver mon personnage. Et le sujet s'est imposé de lui-même, en regardant les notes que j'avais prises depuis des années sur les trucs qui me faisaient marrer, sans vraiment savoir quand ou comment je les utiliserais. Mais en les détaillant, je me suis rendu compte qu'il y avait énormément de choses en rapport avec la musique. Donc c'était naturel de parler de ça.

Et ensuite, le processus d'écriture ?

Au tout début, j'ai travaillé avec Benjamin Parent. Il m'a beaucoup aidé au début à développer les sketches, les idées… Puis le spectacle a grandi au fur et à mesure des représentations. Il y a toujours une part d'improvisation, et je garde les bonnes idées, le texte évolue. Le spectacle est bon quand tu le connais par coeur mais que tu te laisses une part de liberté. Tout dépend du public, des circonstances…

Et la mise en scène ? Travaillez-vous avec un metteur en scène ?

Non, ça se voit peut-être, d'ailleurs… (rires) Non, je pense que c'est à force de jouer, on retient seulement le plus percutant. Puis au début, je me suis beaucoup filmé, regardé… Mais à aucun moment je ne me suis mis dans un théâtre avec un mec qui me disait "fais ça !".

Dans le spectacle, quelle est la part de vérité ?

Les anecdotes sur l'histoire du rock sont vraies. Juste un peu travesties pour les rendre le plus drôles possibles. Et sur ma vie de journaliste rock, tout est vrai. Juste un peu découpé et romancé pour en faire des sketches. Mais à la base tout est du vécu !

Le fait de jouer beaucoup, autant vos précédents spectacles que le dernier, n'est-ce pas un peu lassant ?

Non, il faut essayer de retrouver le plaisir de la première fois. Il ne faut pas y aller pour réciter son texte. Il faut capter le public en quelques regards. Il faut jouer pour le public présent ce soir-là, par pour une masse de gens indistincts… Essayer de trouver un truc en plus, un truc marrant sur lequel réagir. C'est juste pour ces moments-là que c'est intéressant de rejouer chaque fois. Mais il faut se laisser la place pour ces moments-là. Puis, comme je vous disais, le texte évolue. J'ai fait pas mal de ménage récemment dans le texte. Du coup, le spectacle en sort bonifié, car j'ai le temps de jouer, d'improviser…

Et le fait de jouer ce personnage… Vous n'avez pas peur de vous enfermer dans le rôle "l'ex-critique rock qui parle de son ex-métier de critique rock" ?

Pour tout vous dire, je pense déjà beaucoup à mon prochain spectacle, qui ne sera pas du tout sur le même thème, qui sera plus sur mon vécu depuis que j'ai commencé ce spectacle-là. Parler dans le deuxième de ce qui s'est passé pour le premier. Raconter la présomption qu'il faut avoir de soi-même pour penser se lancer dans une carrière de comique. Arriver sur le prochain spectacle en disant "je suis comique", jouer sur l'ambiguïté de ce qui est drôle et pas drôle. Mais en même temps, je suis parti pour jouer 'En Rock & en Roll' pendant encore au moins un an et demi. Je travaille avec des gens qui parient sur moi, sur le long terme. Je ne peux pas me dire "j'en ai marre j'arrête" ! La durée moyenne d'un premier spectacle, comme le mien, peut aller de 3 à 4 ans… Je vais tourner jusqu'à mai 2009. Ca fait un gros paquet de dates ! (rires)


Votre activité de critique rock, c'est définitivement fini ?

Je n'ai plus le temps de bien le faire. C'est seulement quand un groupe que j'adore sort quelque chose que j'écris, maintenant. L'envie dépasse parfois le manque de temps. Mais je ne peux plus écouter plein de nouveautés. Puis c'est justement cette "dictature de la nouveauté" qui avait fini par me lasser dans ce métier. J'ai accumulé chez moi un nombre incalculable de CD que je n'avais pas le temps d'écouter. Depuis presque trois ans que j'ai arrêté ce métier, je me rattrape, je décortique des vieux trucs, des CD que je n'avais même pas déballés… J'achète encore beaucoup de disques, mais plutôt des vieux albums.

Vous pourriez nous parler brièvement de vos autres activités ?

J'ai une chronique à propos de l'actualité sur Canal+ tous les mercredis midi. C'est une émission en direct. C'est un petit peu difficile. Je dois faire un sketch de trois minutes. Il faut que je sois drôle à toutes les phrases… Ce n'est pas évident, je découvre cet exercice d'écriture, de la blague pour de la blague, alors que j'aime bien qu'il y ait un fond. Je prends le pli, mais c'est du boulot… Sinon, j'ai une émission sur la radio Le Mouv', le 'Rock Radio Show'. Là, c'est un exutoire pour mon côté fan de rock. C'est sûrement ça aussi qui fait que je ne cherche plus vraiment à écrire dans les magazines, car je sais que j'ai ce créneau où j'ai carte blanche. Je passe les morceaux que je veux à l'antenne, je dis ce que je veux. L'émission est tous les dimanches de 19h à 20h. Je fais des thématiques marrantes. Plutôt que de parler du punk de 1979 à 1984 ou du rockabilly, je crée des playlists un peu stupides, genre les chansons qui parlent de gastronomie ou les chansons qui parlent d'animaux… Ca me permet de changer un peu des morceaux à la mode qui passent le reste du temps à l'antenne.

 

Propos recueillis par Rémy Pellissier pour Evene.fr - Novembre 2007

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